Rwanda: Kagamé succèdera à Kagamé

Journalistes et politiciens arrêtés, candidatures bloquées. A l’approche des élections présidentielles les voix des opposants au régime de Kagamé ont été forcées au silence, parfois violemment.
Dans le shopping mall du centre-ville de Kigali, il n’y a pas un mais trois stands qui vendent des gadgets à l’effigie de Paul Kagamé. T-shirts, porte-clés, autocollants aux couleurs rouge-bleu-blanc du Front patriotique rwandais se vendent comme des petits pains. Il fait en effet bon genre d’être habillé au couleur du parti. Et d’aller aux meetings du président, où des dizaines de milliers de supporters viennent écouter l’homme mince qui gère le pays depuis 1994. « Grâce à lui, notre pays est un des plus prometteurs du continent. Tout le monde nous envie », explique Oreste, un fan vêtu en « Kagamé » des pieds à la tête. Car depuis que le FPR est arrivé au pouvoir en mettant fin au génocide, le pays s’est développé à une vitesse fulgurante, devenant dès lors l’enfant chéri de la communauté internationale. Et en 2009, alors que le monde entier subissait les effets de la crise économique, le Rwanda, lui, enregistrait une croissance de 4,1%.
Pourtant, derrière ses allures d’élève modèle, le Rwanda cache la tension latente d’un régime où tout débat contradictoire a été banni. « C’est la loi du silence qui règne chez nous », explique Jean, un activiste, qui a requis l’anonymat. « Celui qui critique peut perdre son emploi, son logement. Le FPR est partout, à tous les niveaux ». Militant actif du FPR, Oreste confirme « Parfois, on nous rassemble pour nous demander ce qu’il faudrait changer dans la gestion du pays. Personne ne dit jamais rien. On n’ose pas ». Lire la suite »
Fréquence paix sur les ondes burundaises

Lors des évènements d’importance nationale, plutôt que de se faire concurrence, les radios burundaises ont pris l’habitude d’unir leurs forces. Ces jours-là, l’auditeur a beau tourner le bouton de fréquences de sa radio, il ne capte qu’un seul signal, celui de la Synergie des médias.
Télécharger l’article paru dans Le Soir du 26 juillet 2010
Nerveusement, Richard Giramahoro guette son téléphone portable, qui devrait sonner d’une minute à l’autre. Il est l’un des 72 envoyés spéciaux dépêchés dans le pays pour y suivre le déroulement des élections. Bientôt il sera à l’antenne sur les fréquences des 15 radios les plus écoutées du Burundi, toutes membres du projet « Synergie des Médias ». De la très officielle Radio Télévision Nationale Burundaise à la tonitruante Radio Publique Africaine – station qui s’est fait connaître en dénonçant plusieurs scandales de corruption -, les radios burundaises ont détaché leurs meilleurs journalistes pour créer, ensemble, une rédaction commune le temps des élections. Pendant 38 heures, en direct par téléphone, Richard et ses collègues témoigneront de la situation qui règne sur le terrain.
Né en 2005, lors des premières élections après 10 ans de conflits sanglants entre Hutus et Tutsis, le concept de Synergie a été créé pour répondre à un double défi : d’abord celui des ressources humaines, car aucune radio n’avait suffisamment de journalistes pour offrir une réelle couverture nationale du scrutin. Ensuite, celui de la crédibilité des informations diffusées. « Quand ils intègrent la Synergie, les journalistes perdent la couleur de leur radio d’origine », explique Moise Gahungu, rédacteur en chef de la Synergie. La mixité, la proximité des journalistes ont permis de tenir la population informée en temps réel, d’éviter les rumeurs qui auraient hypothéqué le bon déroulement de ce scrutin décisif. Lire la suite »
Haleluya Nkurunziza!

Seuls 23% des Burundais ont suivi l’appel au boycott des élections lancé par l’opposition. Avec 91% des suffrages, Pierre Nkurunziza, candidat unique à sa propre succession, est donc reconduit à la présidence jusqu’en 2015. Portrait de l’homme fort du Burundi.
Sur la scène dressée au milieu du terrain vague, Pierre Nkurunziza chante en balançant ses mains dans l’air. Derrière lui, les membres de la chorale Komeza Gusenga – « continuer à prier », formée d’anciens compagnons d’armes du président – portent des chemises en pagnes à son effigie. Nous ne sommes pas à l’une des croisades de prière qu’organise une fois par an ce fervent « born again ». Non, nous avons fait un petit bond dans le passé, pour revenir dans la campagne électorale qui a emmené l’unique candidat à la présidentielle aux quatre coins du pays durant quinze jours. Lire la suite »
Mosaïque burundaise
Le Burundi est un pays de fosses communes. Depuis l’indépendance, les massacres inter-ethniques ont marqué l’histoire et plus récemment, de 1993 à 2007, les Hutus et Tutsis se sont encore déchirés, entretués. Aujourd’hui, cinq ans après la paix revenue, comment ces deux ethnies cohabitent-elles ?
Ecoutez le reportage sur l’ethnisme au Burundi:
Coincé entre le richissime Congo, la touristique Tanzanie et un Rwanda en plein boom économique, le Burundi a du mal à s’affirmer dans la sous-région. Petit éclairage sur la place qu’occupe ce petit pays de colline au coeur des grands lacs.
Ecoutez le reportage sur la place du Burundi dans la région:
Pour le scrutin présidentiel, la société civile a déployé 1250 observateurs burundais dans les différents bureaux de vote du pays. La communauté internationale a également participé à ce travail de monitoring, et 400 étrangers se trouvent sur le terrain. Parmi eux, on compte une délégation de parlementaires belges.
Ecoutez le reportage sur l’observation des élections:
Elections au Burundi : quid de la suite?

L’incertitude avait plané durant un temps mais finalement, l’appel de l’opposition pour que le scrutin présidentiel soit reporté n’aura pas trouvé d’écho : avec ou sans candidat d’opposition, le scrutin aura lieu lundi prochain.
La société civile et la communauté internationale espéraient pouvoir faire changer d’avis l’opposition politique burundaise qui s’était retirée du processus électoral au lendemain du scrutin communal du 24 mai, dénonçant des « fraudes massives ». Mais un mois plus tard, rien n’y fait : l’opposition, qui avait déjà retiré ses candidats à la présidentielle du 28 juin, annonce qu’elle ne participera ni aux élections législatives (août), ni aux collinaires (septembre). Accusant la commission électorale d’être corrompue, elle décrie une « mascarade électorale » et assure qu’elle ne reconnaitra jamais le résultat des futurs scrutins.
Lors de sa campagne, Pierre Nkurunziza (CNDD-FDD), l’actuel président et désormais unique candidat à sa propre succession, n’a pas hésité à faire feu de ce bois pour faire vibrer les foules, ses supporters se moquant d’une opposition de « mauvais perdants, incapable de prouver ses accusations ».
Lundi, suite à la politique de la chaise vide de l’opposition, le scrutin présidentiel prendra plus que probablement l’allure d’un plébiscite à l’égard de Nkurunziza. A l’approche de l’échéance, l’inquiétude règne au Burundi. Lire la suite »
Burundi: Incertitudes à la veille des présidentielles
Au Burundi la tension monte à l’approche des élections présidentielles prévues pour le 28 juin. Tous les candidats d’opposition ayant retiré leurs candidatures, il ne reste plus, en lisse, que Pierre Nkurunziza, l’actuel président. La situation fait des mécontentes et depuis dix jours, les attaques à la grenade se succèdent dans les différentes villes du Burundi. Alors que le calme était revenu depuis un an, ces attentats ravivent le souvenir de la guerre civile qui a ravagé le Burundi durant une décennie.
Ecoutez le reportage sur l’ambiance sécuritaire au Burundi:
Enfants des rues de Kinshasa, indésirables à l’approche des festivités

Kinshasa se fait belle pour accueillir Albert II et les autres invités de marque aux festivités du cinquantenaire de l’indépendance. Pour donner la meilleure image possible de la ville, les autorités ont ordonné le nettoyage de ses immondices… mais aussi de ses enfants des rues. Depuis le début du mois de mai, une vaste opération « zéro enfants dans les rues » est en cours.
Ecoutez le reportage sur le “nettoyage” de Kinshasa:
Les derniers missionnaires

Les missionnaires blancs qui vivent encore aujourd’hui au Congo n’ont plus grand-chose en commun avec les fonctionnaires en soutane envoyés par Léopold II pour humaniser son empire. Après la faillite de l’Etat et des grandes entreprises paternalistes, leurs œuvres sociales représentent une alternative salutaire pour de nombreux Congolais. Pourtant, ils ne sont plus qu’une poignée en RDC, ridés et grisonnants. Portrait de quatre de ces derniers Mohicans.
Télécharger l’article paru dans Le Vif Extra spécial Congo (25mai2010)
Photo: Vincent Boisot / Riva Press
Lorsque Léopold II part à la conquête de ses terres africaines au XIXème siècle, il prétexte une œuvre civilisatrice et la volonté de vaincre l’esclavagisme. En réalité, le roi gourmand se soucie bien peu de la population dont il vole les terres. Pour calmer l’opinion publique européenne, il charge alors les missionnaires d’évangéliser et de bâtir des écoles et centres de santé. Bien qu’elle ait eu un rôle controversée au début du XXème siècle, souvent considérée comme un des piliers de l’administration coloniale, l’église du Congo tire de cette époque une longue tradition d’œuvres sociales, principalement dans les domaines de la santé et de l’éducation.
Aujourd’hui encore, dans un Congo qui tente péniblement de se relever d’une décennie de guerre et de 30 ans de dictature vorace, les œuvres de l’église sont parmi les rares à avoir tenu le coup et à offrir des services de qualité. Le calme, la propreté et la discipline règnent dans ses parcelles, offrant un havre de paix après le chaos de la rue. Derrière les murs proprets, des Congolais s’affairent pour soulager la détresse de toute une population. Puis parfois, ô surprise, on croise l’un ou l’autre vieux religieux blanc, manches retroussées et regard perçant. Alors qu’en Europe, ils auraient depuis longtemps été relégués aux oubliettes d’un hospice, ces dinosaures en soutane continuent à jouer un rôle primordial dans la vie sociale locale. Avec un zèle et une rigueur singuliers, chacun d’eux crée, construit, gère encore l’un ou l’autre projet.
En voici quatre : Sœur Angèle l’infirmière, Père Paulus le professeur d’université, Père Italo le prêtre de paroisse et Sœur Bénédicte, la doctoresse.
La guerre silencieuse des mines antipersonnel

Quatre ans après les élections, certaines régions du Congo continuent à subir les conséquences de la guerre qui a rongé le pays entre 1998 et 2003. Qu’il s’agisse de routes ou de champs, environ 2600 sites sont soupçonnés d’être toujours contaminés par des mines antipersonnel placées principalement par les troupes étrangères qui ont fait du sol congolais leur champ de bataille. Autant de terres laissées à l’abandon, autant de bombes à retardement qui menacent la vie des populations environnantes, ou empêchent les villageois d’exploiter leurs champs ou leurs forêts. Depuis 2002, plus de 2000 personnes ont été victimes d’accidents causés par ces armes silencieuses.
Ecoutez le reportage sur le déminage dans le Nord du Katanga:
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Lac Tanganyika: désensabler le port de Kalémie

Pour être à l’intersection entre les voies maritimes qui relient le centre-est du pays aux pays limitrophes; et le chemin de fer qui dessert l’intérieur du pays, le port de Kalémie occupe une position stratégique pour l’ensemble de la région. Mais sur les jolies collines de la ville les constructions anarchiques poussent comme des champignons et causent des érosions. Résultat: le port de Kalémie est menacé d’ensablement et si rien n’est fait, d’ici un an plus aucun bateau ne pourra y accoster. Pour faire face à ce problème, un projet de développement plutôt unique en son genre a dès lors été mis sur place, puisqu’il unit des acteurs peu habitués à collaborer: l’agence belge de coopération, la régie des voies fluviales, l’armée congolaise et l’armée belge.
Ecoutez le reportage sur le projet de désensablement du port:
Visitez le site de l’agence belge de coopération: http://www.btcctb.org/
Téléchargez l’article paru dans le magazine Dimension 3 de la coopération belge.